1- Isoler son toit

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Rénovation énergétique de son logement : ISOLER son toit

Avant de penser à mettre des panneaux solaires ou à investir pour une nouvelle chaudière dernier cri, le 1er acte afin de rendre plus performant son habitat est de l’ ISOLER : l’isoler en bonne et due forme, et si possible avec des matériaux écologiquement durables.

Bien isoler a un double avantage :
- à la saison froide (hiver), une bonne isolation permet de conserver à l’intérieur du logement la chaleur et donc l’énergie qui a été nécessaire pour la produire
- à la saison chaude (été), l’isolation permet de conserver une certaine fraîcheur à l’intérieur du logement

Petit rappel : la nature n’aime pas trop les déséquilibres « physiques » : si présence d’un corps chaud et d’un corps froid, le corps chaud aura pour but naturel de céder au corps froid sa chaleur afin d’établir une moyenne ou un équilibre global.
Pour le cas d’un logement, l’extérieur étant « infini », le principe est donc que l’intérieur du logement atteigne la T° extérieur du logement : en été comme en hiver. Le but de l’isolation est donc tout simplement de freiner tant que possible ce principe naturel d’échanges thermiques entre 2 zones disparates.

Admettons que nous partons d’une maison individuelle indépendante (ie non mitoyenne) sans aucune isolation existante, il est convenu qu’en moyenne, mais tout dépendra du type et de l’architecture de la maison, les postes de pertes d’énergie sont par ordre :
- le toit pour 30% : normal, la chaleur monte et donc file par le toit !
- les murs pour 20% : normal aussi, vu la surface en contact avec l’extérieur !
- la ventilation naturelle pour 20% : on n’y pense pas assez mais de l’air « frais » extérieur rentre par certains endroits et chasse en quelque sorte l’air « chauffé » de l’intérieur. A moins d’avoir une maison « étanche à l’air », ce qui doit se faire dans la cadre d’une construction BBC, toute maison ancienne comporte des « trous » d’air : dessous de portes, encadrures de fenêtre, conduits de cheminée, hotte de cuisine, ouverture/fermeture de portes ou fenêtres, chatières, passages de gaines et de tuyaux ….

Remarque : si la maison est rendue étanche, il faut alors impérativement apporter une ventilation assistée. En effet, si l’air d’une maison n’est pas renouvelée correctement, l’humidité risque de se concentrer à certains endroits, le confort de vie se trouve dégradé.

Rien qu’avec ces 3 postes on a déjà 70% des pertes de chaleur. Mais reste aussi les postes suivants :
- les vitrages pour 13%
- le sol ou plancher bas pour 12%
- les ponts thermiques pour 5% : un pont thermique est pour simplifier une zone du batiment où il y a continuité totale d’un matériau à faible résistance thermique entre l’intérieur et l’extérieur : au niveau d’un plancher béton par exemple ou d’un balcon

Le premier point est donc d’isoler sa toiture, pour cela voici 5 règles à mettre en oeuvre :
1- Avant toute chose, contrôler la bonne étanchéité de sa couverture de toiture (tuiles, ardoises etc) : pas d’entrée d’eau ! ni d’oiseaux ou autres bestioles. Contrôler tant qu’elle est encore visible l’état de votre charpente, après pose d’isolant, tout ceci ne sera peut-être plus accessible facilement.
2- Ne pas hésiter à sur-isoler : au lieu de mettre les 20cms standard (de la RT 2005 …), ne pas hésiter à mettre 30cms voire 40cms. Mettre + est cependant inutile. Pour la bonne couche à mettre, tout dépend de là où vous habitez (région très froide ou non) et du volume d’habitation prêt à « perdre » ou du volume disponible pour recevoir l’isolation.
3- Utiliser des matériaux écolos ! éviter laine de roche ou laine de verre. Préférer largement des matériaux sains, durables, naturels et locaux : chanvre, laine de bois, lin etc qui pour la plupart possèdent de meilleurs qualités que la classique laine de verre : exemple : la laine de verre a tendance à se tasser au fil du temps, pas la laine de chanvre qui de plus n’est pas irritante à la pose. Eviter tant que possible les isolants minces !!
4- La pose doit être parfaite; complète et sans « trou » : en effet, tant qu’à faire autant faire bien dès le début, ce sera plus délicat à rectifier une fois le plafond posé, peint et … inaccessible. Si on passe par un professionnel, il faut surtout vérifier/contrôler son travail : c’est vous qui payez, c’est vous qui décidez : le simple « bon sens » suffit à vérifier le travail.
5- S’assurer que la pose du matériau respecte le DTU autrement dit la norme adéquate (DTU = Document Technique Unifié qui indique les principes généraux de mise en oeuvre dans le batiment) : matériau perspirant, pose de pare-vapeur etc
=> il n’est pas rare d’entendre « zut, j’aurais du mettre + d’isolant ». En effet, lorsqu’on isole son toit c’est a priori pour une longue durée, donc autant bien faire dès le départ ! après, il sera trop tard.
La RT 2005 préconisait l’installation d’environ 20 cms de matériau isolant, soit un R=5 (laine de verre, chanvre etc). Retenir que ce qu’imposait ou préconisait la RT 2005 était le minimum du minimum : les précos de la RT 2005 sont obsolètes avec la RT 2012 depuis le 1er Janvier 2013 pour le résidentiel.
Donc mettre une couche d’isolation supérieure dès aujourd’hui !

Remarques :
- pourquoi ne pas isoler votre toiture vous même ! mais dans ce cas … oubliez le crédit d’impôt, mais après un petit calcul c’est peut-être in fine moins coûteux.
- petite astuce afin de savoir si votre toiture est correctement isolée ou non : en hiver, lorsqu’il a neigé ou qu’il y a du givre déposé sur votre toiture, comparez votre toiture avec celles du voisinages ou regardez bien la vôtre : s’il y a des zones sans givre/neige, c’est que ces zones sont mal isolées ! signes qu’il y a à cet endroit des fuites de chaleur depuis votre intérieur chauffé !
- viser un R=8 pour l’isolation de son toit

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