4- Etanchéifier et Ventiler

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Rénovation énergétique de son logement : VENTILER son habitat

Pour toute nouvelle construction de logement, si les normes de Réglementation Thermique (RT) sont respectées et, mieux, si vous avez été au delà en mettant en place une isolation et une étanchéité à l’air plus que parfaites de votre habitation,
OU
pour toute rénovation énergétique de votre logement, si vous avez mis en oeuvre une bonne isolation pour votre toiture, vos murs, vos fenêtres, vos portes et votre plancher bas, ainsi qu’une bonne étanchéité à l’air

Alors votre logement devient étanche à l’air.

Par la pose d’une bonne enveloppe d’isolation et d’étanchéité à l’air, votre habitation ne « respire » plus ou beaucoup moins bien. Pourtant il est nécessaire de renouveller l’air intérieur de votre habitation !!
pour plusieurs raisons :
- apporter un air neuf. Vous avez besoin d’oxygène. Vous, mais aussi vos plantes, vos animaux, vos appareils de cuisson si vous êtes au gaz
- évacuer l’air vicié, évacuer le CO2, le CO, les odeurs, les polluants (COV = Composés Organiques Volatils, formaldéhyde), les poussières, les fibres …
- assurer un taux d’humidité « normal » dans votre intérieur. Vous produisez de l’humidité (respiration, douche/bain, cuisson …) qu’il ne faut pas avoir en excès sous peine de voir apparaitre des traces de moisissure sur les parois froides et ponts thermiques : pourtours de fenêtre, arrière de meuble, coins de mur, placards inclus dans le bâti ..

Le but de la ventilation : chasser l’air vicié par de l’air sain neuf

Dans les logements anciens, peu ou mal isolés, le renouvellement de l’air s’effectue naturellement par les « défauts » d’étanchéité de l’enveloppe : portes, fenêtres, garage, grenier, passages de canalisations …
Par contre dans le neuf ou la rénovation énergétique performante, l’un des buts est donc de tout isoler et d’empêcher toute fuite d’air qui s’accompagne de fuite de calories.

Attention : concernant l’humidité de votre logement,
- une ventilation ne corrigera pas les problèmes d’infiltration et de remontées d’eau : avant toute chose : identifier la cause de l’humidité entrainant des moisissures. Si cela provient de la vapeur d’eau qui se condense sur une paroi froide : la ventilation pourra corriger ce problème. Si cela provient de remontées d’eau extérieure : la ventilation ne pourra pas corriger la source du problème, elle ne pourra seulement qu’atténuer les effets indésirables.
- utiliser des matériaux de construction et d’isolation « perspirants » : matériau qui laisse la vapeur d’eau (ie l’humidité) le traverser. Un frein-vapeur est souvent nécessaire afin de limiter le trasnfert de la vapeur d’eau et donc de limiter la condensation qui se ferait, en hiver notamment, entre un intérieur chauffé et donc chargé en humidité et l’extérieur froid.

Chaque matériau, chaque isolant est plus ou moins perspirant.
Exemples :
- un mur en briques ou en bois : il ne laisse pas passer l’air, ni l’eau « liquide ». Mais il absorbe de l’humidité et peut la restituer de l’autre côté.
- admettons un mur en plastique ou en verre : il ne laisserait pas passer l’air, ni l’eau ni l’humidité
- exemples :
- la brique ou le parpaing sont beaucoup plus perspirants que le béton
- la tuile et beaucoup plus perspirante que l’ardoise
- le laine de verre ou la laine de chanvre est beaucoup plus perspirante que le polystyrene
- le BA 13, le fermacell, le plâtre sont perspirants

Pour un intérieur sain et afin d’avoir une bonne sensation de confort : le degré d’hygrométrie devrait se situer entre 40% et 60%, la température entre 18°C et 20°C (tout au long de l’année, hiver comme été) et une différence maximum de 3°C entre la T° de votre intérieure et la T° de votre paroi (mur, plafond, plancher) côté intérieur, sinon gare à la condensation et donc aux moisissures.

Ainsi, pour assurer le renouvellement de l’air : il faut de le ventilation !

Plusieurs procédés ou systèmes de ventilation existent, chacun ayant bien entendu dans l’absolu ses avantages et ses inconvénients. Pour chaque cas, car chaque logement est une situation à part entière, un système sera préférable à un autre. Si votre logement n’est pas étanche, installer une VMC double flux avec échangeur de chaleur n’aura que des intérêts très limités, au contraire d’une maison parfaitement étanche où une VMC sera quasi-obligatoire.
- Ventilation naturelle
- Ventilation naturelle « contrôlée » : la solution la plus naturelle et la plus économe qui soit
- VMC simple flux : auto-réglable (Ventilation à flux constant, programmable ou non) ou hygro-réglable (ventilation à débit variable selon le degré d’humidité de la pièce à ventiler)
- VMC double flux avec échangeur de chaleur : le flux d’air sortant réchauffe l’air frais venant de l’extérieur : source d’économies d’énergie.

 

La ventilation permet de renouveler l’air intérieur de votre logement. Elle est nécessaire. Elle permet la régulation de la qualité de l’air et de l’humidité de votre intérieur.
Si votre intérieur est trop humide, il y a de fortes chances que cela provienne d’un manque de ventilation et/ou d’un manque d’isolation sur la paroi humide.
A moins que cette humidité ne soit une remontée par capillarité de l’humidité du sol …

Définitions :
- Pas de ventilation (ou ventilation naturelle) : aucun système permettant de contrôler la ventilation n’est installé : la ventilation s’effectue alors naturellement ou par des grilles spécifiques d’aération ou en ouvrant les fenêtres ou par des conduits de cheminées.
C’est le cas des logements dits ‘non étanches’.

- Ventilation simple flux (hygro-réglable) : système de ventilation contrôlée où des ventilateurs (moteurs électriques) sont placés dans les pièces humides (généralement : cuisine, salle de bains, laverie …) afin d’en extraire l’air.
L’air extrait est remplacé par des systèmes mécaniques ou par de simples ouvertures (grilles d’aération) dans les pièces dites « saines » (salle à manger, salon, couloir, chambre …)

- Ventilation double flux avec échangeur de chaleur : système de ventilation contrôlée où des ventilateurs assurent l’évacuation de l’air vicié et des ventilateurs assurent l’entrée de l’air neuf.
L’air chaud sortant croise l’air frais entrant, sans se mélanger, au niveau de l’échangeur. Ainsi, la chaleur de l’air intérieur qui sort réchauffe l’air frais qui entre depuis l’extérieur. La perte de chaleur est ainsi limitée.

Ne jamais obturer une grille d’aération !

Tout logement habité a besoin d’une ventilation quotidienne.

 

Les tests de la « porte soufflante » ou « blower door test » permettent de mesurer l’étanchéité à l’air du logement afin de détecter les fuites d’air.

Les fuites d’air ou défaut d’étanchéité à l’air sont un ensemble de « trous » situés au niveau de l’enveloppe du bâtiment en dehors des espaces justement prévus à la ventilation.
Ces défauts d’étanchéité provoquent de la ventilation « incontrôlée », source de pertes de chaleur en hiver, pertes de fraicheur en été.

Les défauts d’étanchéité à l’air pénalisent la performance d’une ventilation contrôlée, d’autant plus si celle-ci est à échangeur de chaleur.
L’étanchéité à l’air d’un bâtiment dépend de la qualité de pose de l’enveloppe de ce bâtiment, à tout endroit, dans chaque moindre recoin, chaque détail compte.

Exemple classique : une cheminée à foyer ouvert sans trappe d’obturation provoque un énorme défaut d’étanchéité à l’air, notamment en hiver lorsque celle-ci ne fonctionne pas mais que le chauffage central est en marche.

Tout logement habité a besoin d’une ventilation quotidienne. La mise en place d’une bonne étanchéité à l’air du logement nécessite absolument la mise en place d’une ventilation correctement conçue. Tout logement a besoin de respirer !

Une bonne isolation globale du logement (toit, murs, sol, fenêtres, portes), une ventilation contrôlée, des équipements de chauffe performants et si possible à énergies renouvelables, et une bonne étanchéité à l’air du logement assurent au final une bonne performance énergétique.
Une bonne efficacité énergétique se réalise par une bonne considération de tous ces postes.

DDOM : Mon Logement Econome