2- Isoler ses murs

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Rénovation énergétique de son logement : ISOLER ses murs

Après avoir isolé son toit, les murs sont le second poste à isoler en priorité. Pour les murs en contact direct avec l’extérieur bien entendu.
En effet, pour un logement non isolé, les murs représentent environ 20% des pertes d’énergie de chauffage. Mais là, notamment par rapport à la toiture qui est une couche fine, tout dépend de prime abord de la composition et de l’épaisseur de vos murs existants.
Selon ces 3 paramètres : mitoyenneté + composition + épaisseur, les pertes par vos murs seront inférieures ou supérieures à 20%. 20% étant une moyenne globale de tous types de mur d’habitation.

Isoler ses murs « extérieurs » a un double effet positif :
- isolation pour l’hiver : empêcher la chaleur contenue dans le logement de partir trop vite vers l’extérieur, surtout sur la face Nord du logement (sans réchauffement de la surface par le soleil)
- isolation pour l’été : empêcher la chaleur de l’extérieur de pénétrer trop vite dans le logement, surtout sur la face Sud (où le soleil peut taper de plein fouet) mais aussi sur la face Ouest (pour les fins de journées chaudes)

Pour une même épaisseur, voici les matériaux classiques du moins isolant au plus isolant « naturellement » :
- béton plein, béton banché (assez classique des immeubles)
- parpaings, briques pleines, pierre
- briques creuses, briques pleines doubles avec lame d’air intermédiaire (rappel : l’air emprisonné est isolant), argile (pisé)
- brique type monomur, béton cellulaire
- pans de bois

Chaque matériau a ses propres caractéristiques techniques et mécaniques, son propre mode de mise en oeuvre mais aussi ses propres caractéristiques de performance thermique et de « respirabilité », notamment à la vapeur d’eau.
Exemple : le béton ne « respire » pas alors que la pierre a besoin de « respirer ».
Privilégiez les matériaux performants et naturels, le bois est un excellent exemple.
Le bois est naturellement de structure porteuse et isolant à la fois ! De plus il stocke du carbone !
Privilégiez les matériaux produits localement.

Tout matériau doit être utilisé selon les règles de l’art, faire attention aux jointements.
Idem, toute superposition de matériau doit être étudiée : par exemple, ne pas utiliser de mousse polyuréthane isolante (qui est un très bon isolant mais à très faible respirabilité) sur une structure en pierre calcaire (la pierre a besoin de respirer !), utiliser plutot un matériau isolant naturel qui « laisse respirer » la pierre : la laine de bois, la laine de chanvre, la paille …

Afin d’isoler ses murs, 2 types de mise en place d’isolation s’offrent à vous :
1. isolation par l’intérieur
2. isolation par l’extérieur

Rappel : il ne suffit pas d’isoler, il faut que la pose de l’isolant soit parfaite !! et si possible réalisée avec des matériaux durables (éviter tout dérivé de pétrole, laine de verre … prendre des matériaux naturels, locaux et faiblement transformés)

L’isolation par l’extérieur consiste a mettre en œuvre une couche d’isolant sur la façade extérieure du bâtiment. Cette solution est plus efficace pour 2 raisons principales :
1. pas de perte de surface habitable, en effet, la surface ou volume pris par l’isolant se trouve dehors.
2. en créant une enveloppe la plus complète possible autour du logement, de facto l’isolation des ponts thermiques est assurée.

=> ces 2 avantages pour l’isolation par l’extérieur se trouvent donc être les inconvénients de l’isolation par l’intérieur :
1. perte de surface habitable et donc substantielle perte de valeur du logement lors de la revente (la plus value potentielle du logement isolé ne couvrant pas a priori la perte de surface : à étudier/calculer au cas par cas)
2. à moins d’isoler pour chaque pièce les murs, le plafond et le plancher, on se contente généralement d’isoler les murs, les ponts thermiques subsistent. De plus : en isolant uniquement les murs, la perte de calories par les ponts thermiques devient plus importante car ils deviennent des éléments thermiquement encore plus faibles de la structure du logement pour la fuite de la chaleur vers l’extérieur.

L’isolation par l’extérieur semble plus efficace, cependant des inconvénients existent :
- autant pour une maison indépendante cela semble possible à mettre en oeuvre. Cette solution devient nettement plus compliquée pour un appartement (copropriété d’immeuble) ou pour une maison dont un mur ou plus donnent directement sur la rue, le voisin … ou pour un mur comportant tout simplement une plante grimpante par exemple (à moins de supprimer la plante grimpante)
- l’isolation par l’extérieur sera d’autant plus efficace que celle-ci est parfaite et complète. Des zones sont plus délicates à isoler correctement : pourtour de fenêtres, balcons, vérandas …
- en isolant par l’extérieur, on masque et abandonne tout « cachet » du batiment si celui-ci en comporte un : maison à colombage, immeuble en pierre de taille, frises, ornements et sculptures …
- difficultés à mettre en oeuvre pour un « bricoleur du dimanche », une fois le mur commencé … il faut le terminer ! Et pour être efficace, ce sont les 4 murs qui sont à isoler !!

Cependant, si un ravalement de façade est à effectuer, si le mur n’est « pas beau », si un crépi est à refaire : autant à ce moment là se poser la question (comparatif de coûts au moins) si mettre une isolation extérieure peut être davantage rentable. En gros, compter 200€/m² de pose d’isolation extérieure.

Différentes méthodes et différents matériaux sont possibles : tant que possible : utiliser des matériaux écolos : naturels, sains et locaux !! (laine de bois, chanvre etc au lieu du polystyrene, extrudé ou expansé).
Un crédit d’impôt ou certaines aides financières sont récupérables : c’est de l’isolation : faire attention à l’épaisseur mise en place pour rentrer dans les normes requises.
De plus, la pose d’une isolation par l’extérieur n’entraîne pas de travaux à l’intérieur de la maison !! le logement reste tout à fait habitable sans contrainte durant les travaux.

Ceci dit, la mise en place d’une isolation par l’intérieur a également ses avantages :
- on peut faire une pièce à la fois (commencer par les pièces les plus urgentes !! celles situées au Nord par exemple, ou dans des pièces humides)
- c’est davantage accessible à un bricoleur du dimanche
- généralement, cela coutera moins cher, notamment parce que c’est du « classique » d’artisan, pas besoin d’échafaudage, de contraintes de climat pour les travaux, de mise en oeuvre.

 

En France pour un bon confort, viser un R=5 pour l’isolation de ses murs (pour l’épaisseur totale du mur : mur+isolant).

 

Mitoyenneté :

Si des éléments de construction de votre logement sont en commun avec vos voisins, cela a un impact direct sur votre performance énergétique et donc sur vos consommations de chauffage.

Une maison totalement éloignée de toute autre bâtiment et exposée aux vents consommera plus d’énergie de chauffage qu’une même maison située en ville et mitoyenne à d’autres.
Les maisons mitoyennes ont un meilleur rendement thermique, elles se protègent, se temporisent et s’échangent leur chaleur l’une l’autre !

Un appartement peut avoir 3/4 de son enveloppe isolée par les appartements voisins.
Énergétiquement parlant, les appartements situés aux étages les plus bas et aux étages les plus élevés sont généralement défavorisés, car ils ont une plus grande surface d’échange avec l’extérieur (sol, plafond).
La localisation globale (climat) et la localisation précise (mitoyenneté, climat local, environnement proche) de votre logement jouent un rôle primordial sur la performance thermique.

 

Plancher Bas :

Si présence d’humidité dans votre intérieur, traiter sa provenance avant tout : si des remontées d’humidité existent depuis votre sol, par capillarité par exemple, il faudra traiter ce point avant d’envisager toute isolation.

Le plancher bas de votre logement est le sol du niveau le plus bas de votre logement qui est chauffé et/ou climatisé.

Après la toiture et les murs, le sol est la dernière face de votre logement en contact avec son extérieur.
Afin de parfaire l’isolation globale du bâtiment, l’isolation du sol, ou du « plancher bas », est nécessaire.
Si la zone chauffée du logement est posée sur un volume ventilé/aéré non chauffé : l’isolation est indispensable.
Une bonne isolation de votre sol évitera la sensation désagréable de plancher froid (ou « paroi froide » en général).
Viser un R=5 pour le plancher bas (pour l’épaisseur totale du plancher : plancher+isolant).
C’est à dire une couche de 20cm d’isolant à résistivité standard (coefficient lambda = 0,04) si votre matériau de plancher bas est peu isolant (béton par exemple).

DDOM : Mon Logement Econome